Messages de la Supérieure Générale

 Lettre de Mère Myriam : Pâques 2013 , Rome, à l’Aube de Pâques 2013

Mes bien chères Sœurs

En vous adressant ce message, mes pensées sont pleines de récents souvenirs, et mon regard se tourne spontanément vers la fenêtre du Vatican où tant de fois au cours de ces huit années de pontificat, notre Saint Père le Pape Benoît XVI s’est adressé à la foule rassemblée sur la place St Pierre. La nouvelle inattendue de sa démission le 11 février dernier, surprenant l’Eglise et le Peuple de Dieu, a laissé percevoir la personnalité de ce grand pape, reconnu comme un homme de foi, courageux, plein de sagesse et d’humilité. 

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Le mercredi des Cendres, 13 février, au cours de l’audience générale, le Saint Père, comme s’il voulait nous transmettre son héritage, nous rappela que le Carême est un temps d’engagement particulier pour notre cheminement spirituel. Puis, Il nous invita à réfléchir sur les trois tentations de Jésus au désert. La réponse de Jésus à la première tentation invite l’homme à se nourrir de la Parole de Dieu source de vie. L’homme vit de pain, mais pas seulement de pain, car sans une réponse à la faim de vérité, à la faim de Dieu, il ne peut pas se sauver. A la seconde tentation, Jésus nous appelle à renoncer au pouvoir et à tourner notre regard vers la croix, car seuls l’humilité et l’amour sauvent le monde. Tenté une troisième fois, Jésus révèle la toute-puissance de Dieu qui est Maître, Seigneur, et Roi. Le Très Saint n’est pas un objet auquel on impose ses conditions, mais Celui à qui la créature doit rendre toute gloire. A partir de ces réflexions, le Saint Père interpelle chaque baptisé, chaque chrétien, et chaque consacré : Quelle est la place du Seigneur dans ma vie ? Est-ce bien Lui le Maître et Seigneur ou est-ce moi ? Que répondrais-je, moi, consacrée et Sœur de Saint Paul ? Ces paroles du Saint Père, si fortes de résonnance, interpellent tous les consacrés, et de façon particulière, nous, Sœurs de Saint-Paul, dont la consécration est marquée du sceau de Pâques. Par notre profession, nous avons en effet renoncé à ce pouvoir mondain, remettant notre vie entre les mains de Dieu, avec le désir sincère de n’appartenir qu’à lui seul. Consacrées pour annoncer au monde que le Royaume de Dieu est proche, ne restons donc pas sourdes à cet appel de conversion. Durant son ministère, Jésus n’a cessé de rappeler à ses disciples et à ceux qu’il enseignait, que, pour marcher à sa suite, il fallait prendre sa croix, et fuir les dangers du pouvoir mondain. Il les préparait ainsi, à donner, par leur vie, un témoignage d’humilité et d’amour. Suivre le Christ jusqu’à donner sa vie est exigeant. Jésus ira jusqu’à mourir d’amour pour nous, afin que nous vivions d’amour pour nos frères et sœurs, dans ce monde vers lequel Il nous envoie annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume. « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, Il les aima jusqu’à la fin ». Comme preuve de son amour pour eux, Jésus, avant d’offrir sa vie en sacrifice sur la croix, laisse à ses apôtres cet émouvant et bel exemple du lavement des pieds. Quel témoignage d’humilité ! Dieu s’abaisse pour se faire plus proche des siens, pour mieux les écouter et mieux répondre à leurs attentes. Sœurs de Saint-Paul ne nous sentons-nous pas spécialement interpellées par cet exemple de Jésus ? Accepterons-nous d’être des artisans de l’Amour du Christ, des messagers de l’Espérance ? L’Eglise est vivante car elle est l’Eglise du Père, du Fils, de l’Esprit Saint et elle est l’Eglise du Peuple de Dieu. Durant la vacance du Saint-Siège nous avons invoqué avec ferveur l’Esprit Saint pour l’élection du Pape Il semble que nous ayons touché du doigt cette force et cette sagesse que l’Esprit Saint insuffle à l’Eglise durant les événements importants de son histoire. Les journées d’action de grâce célébrées par un peuple en liesse pour l’élection de notre Pape François, sont les signes d’une Eglise marchant à la rencontre de son Seigneur et exprimant sa foi et son espérance. Le choix de son nom François, sa simplicité, son humilité, son dépouillement et sa proximité révèlent un Pape qui se définit « Evêque de Rome » et qui souhaite, avec ses fidèles, commencer un chemin de fraternité pour l’Evangélisation du diocèse. Mais ce chemin, souligné par Benoît XVI et repris par le Pape François au cours de sa première homélie, demande des efforts : « Sans la croix, dit ce dernier, nous ne sommes pas les disciples du Seigneur, nous sommes des mondains, nous sommes des évêques, des prêtres, des cardinaux, mais nous ne sommes pas des disciples du Seigneur ». Oui, l’Eglise est vivante, et pour continuer à lui donner vie, nous avons besoin du secours de l’Esprit Saint qui nous pousse à marcher sans cesse « en présence du Seigneur », malgré les obstacles, pour construire l’Eglise, et atteindre le but : confesser le Christ, car IL est vraiment Ressuscité et Vivant ! Bien chères Sœurs, soyez assurées de ma prière et de ma fraternelle affection. Nos Sœurs Assistantes, la Secrétaire et l’Econome se joignent à moi pour vous souhaiter : Joyeuses et saintes fêtes de Pâques !

Lire la version originale illustrée : Lettre de Mère Myriam PAQUES 2013

 

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Rome le 8 Septembre 2008

Mes bien chères Sœurs,

En ce début du mois de septembre, quarante deux Sœurs de Saint Paul participent à la Reprise Spirituelle qui a lieu à Rome du 21 août au 29 septembre prochain. Venues des Provinces, Districts et Régions, elles ont été invitées, au cours d’une retraite de huit jours qui a précédé la Reprise, à découvrir « l’insondable richesse du Christ » (Ep.3,8) , Parole de Dieu, et à s’abreuver à cette source vive et inépuisable.

Nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, sous la conduite de l’Esprit Saint, vers des chemins nouveaux, tel était l’objectif que nous nous étions fixé au début de cette année paulinienne. Le Synode des Evêques, qui aura lieu du 5 au 26 octobre prochain, nous offre la possibilité d’une étude approfondie de cette Parole à partir du thème : « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise ». Ce thème a été choisi par le Pape Benoît XVI pour marquer le bimillénaire de la naissance de Saint Paul et pour mettre en valeur la figure du grand Apôtre, à l’occasion de l’année qui lui est consacrée. (Ep.3,8).

Qui mieux que saint Paul, notre Patron, dont la mission fut exemplaire, pourra nous faire réfléchir sur le dynamisme de la Parole de Dieu ? À la lumière de ses écrits, de l’enseignement de l’Eglise, et des documents de notre Congrégation, nous sommes invitées à « ruminer » cette Parole pour mieux l’assimiler et nous en imprégner.

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Le Concile Vatican II exhorte avec force et de façon spéciale tous les chrétiens, surtout les membres des Instituts religieux, à acquérir par la lecture fréquente des divines Ecritures, « une science éminente de Jésus-Christ, » car ignorer les Ecritures c’est ignorer le Christ : « Qu’ils approchent donc de tout leur cœur le texte sacré lui-même, soit par la sainte liturgie qui est remplie des paroles divines, soit par une pieuse lecture, soit par des cours faits pour cela ou par d’autres méthodes. Mais la prière, qu’on se le rappelle, doit accompagner la lecture de la Sainte Ecriture, pour que s’établisse un dialogue entre Dieu et l’homme, car c’est à Lui que nous nous adressons quand nous prions, et c’est Lui que nous écoutons quand nous lisons les oracles divins. » Suivons saint Paul, qui, pour porter la Bonne Nouvelle de la Parole jusqu’aux confins du monde, n’a pas craint d’affronter les difficultés. Méditons ces quelques passages de la lettre aux Corinthiens qui laissent supposer qu’annoncer la Parole de Dieu dans la mission de l’Église n’est pas de tout repos pour le messager de Dieu. « Voyages sans nombre, dangers des rivières, dangers des brigands, dangers de la mer, veilles fréquentes, faim et soif, jeûnes répétés, froid et nudité » (2 Co 11, 26, 27) . Ne disait-il pas aussi : « Malheur à moi si je ne prêchais pas l’Évangile !»(1 Co 9,16) Cette Parole, qui prend toute sa dimension dans l’Eglise, nous est adressée particulièrement, à nous consacrées, qui avons été choisies et envoyées dans le monde pour cette mission. Il nous suffit de relire les passages de notre Livre de Vie, des Actes Capitulaires sur notre vie apostolique pour nous en rappeler : « La vie apostolique des Sœurs s’inspire de la vie et de l’enseignement de saint Paul »… Les Lettres de saint Paul nous poussent à imiter son dynamisme dans la vie apostolique et la formation de nouvelles communautés, discerner les signes nouveaux… comme saint Paul, nous laisser bousculer et convertir pour prendre au besoin de nouvelles orientations » (L.V. N° 52 ; A.C. 2001, p.30 ; A.C.2007 p.17). « Notre salut est objet d’espérance… Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (Rom. 8, 24 ; 1 Tm 2,4). Le plan créateur du Père est un dessein de communion sans limites En s’en détournant, l’humanité s’est fermée sur elle-même, s’est déchirée. Chaque individu, chaque groupe s’est replié sur lui-même. Ce fut la mission du Christ de rassembler l’humanité en l’ouvrant à nouveau au grand souffle d’un amour sans frontières. Ce souffle d’amour universel nous est rappelé dans les documents mis à notre portée : … ‘Les Sœurs de Saint Paul sont envoyées et rassemblées selon des circonstances providentielles… La communion entre nous grandit, sous la mouvance de l’Esprit… Développons en nous et dans nos communautés locales le sens de l’internationalité et de l’universalité de l’Eglise et de la Congrégation’ (L.V. N° 36 ; A.C 2001 p.24 ; A.C. 2007, p. 11) . En entrant dans le monde, le Christ dit: « Voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté. » (He 10, 5,7) Et c’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiées par l’oblation du Corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. Faire la volonté du Père c’est donc, en premier lieu, lui demander d’unir notre volonté à la sienne. Nous en sommes incapables par nous – mêmes, aussi sommes- nous invitées à offrir notre liberté pour accomplir ce qui plaît au Père. Saint Paul comprend le message du Christ, qu’il annonce comme un Evangile de la liberté; il ne parle pas de la liberté naturelle de l’homme en tant que don originel du Créateur à sa créature. Pour lui, l’homme n’est pas libre par nature, mais par grâce, parce que Dieu l’a arraché à la servitude du péché et l’a rendu à nouveau libre. L’homme esclave du péché doit être « rendu libre » comme Paul le précise, grâce à l’appel adressé aux hommes par Dieu dansl’Evangile : « C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés… Vous, en effet, mes frères vous avez été appelés à la liberté. » (Gal 5, 1, 12). Jésus-Christ est pour Paul, l’être humain absolument libre, de par sa libre obéissance au Père. En même temps cet acte d’amour sans réserve pour les hommes apparaît comme le plus haut accomplissement de la liberté créée. Le pardon n’est pas donné aux hommes par un pur décret de la faveur divine, qui tomberait en quelque sorte sur la faute humaine, d’en haut. Il est acquis par un acte qui surgit en l’homme lui-même, dans sa liberté, où s’était noué le péché. Pour traduire l’amour de Dieu pour les pécheurs, saint Paul a donné une formule extraordinaire du salut dans son Epître aux Ephésiens :« Dieu qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ. »(Eph 2, 4-5) Cet amour s’est traduit concrètement par la mort sur la Croix, c’est-à-dire par sa vie livrée, en faveur des hommes qui ne l’aiment pas. « Si étant ennemis, nous fûmes réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, combien plus, une fois réconciliés, nous serons sauvés par sa vie » (Rom 5,10) On peut se demander, parfois, comment allier la volonté du Père et notre liberté. C’est une question à laquelle il nous est difficile de répondre, car les rapports entre la volonté divine et la nôtre relèvent du mystère. Ce que nous pouvons retenir, c’est que la volonté de Dieu, c’est Dieu Lui-même. L’auteur de ma liberté c’est Dieu. Loin de la limiter, Il en est la source jaillissante, le protecteur toujours vigilant, le Rédempteur toujours fidèle. Ma liberté n’est pas un bien que je dois défendre contre Dieu, le bien qu’il voudrait m’enlever. C’est un don que Dieu désire pour moi et qu’Il protège contre toutes les tentatives de le perdre, de l’aliéner, de le gâcher par le péché. C’est toute l’histoire du salut. Dieu défend ma liberté contre les efforts destructeurs de mon orgueil, de mon égoïsme, de ma convoitise. Mes faiblesses et mes défauts risquent de me rendre esclave de mon propre orgueil, mais Dieu veut à tout prix me garder libre. Par Marie, le salut est entré dans le monde. Toute sa vie devient mystère d’abandon, et elle est appelée à être Mère de la Parole de Dieu. C’est donc par elle et avec elle que nous pouvons faire l’offrande à Dieu de notre liberté, pour mieux nous abandonner à sa volonté. « Dès le commencement, la Vierge Marie fut choisie comme protectrice de la Congrégation. Les Soeurs cherchent à la mieux connaître, à travers l’Ecriture Sainte et l’enseignement de l’Eglise. Elles découvrent en Marie lemodèle d’une foi profonde et d’une confiance absolue, d’une entière conformité au dessein de Dieu, d’une participation totale au mystère du Salut, d’un service attentif et délicat d’autrui (L.V. N° 5) « Ecouter la Parole de Dieu prépare à la rencontre du Seigneur dans l’oraison… Le Christ se donne à rencontrer dans l’Ecriture, en particulier dans les Evangiles et les Lettres de saint Paul… aider les Soeurs à persévérer dans l’écoute de la Parole de Dieu… enraciner sa vie sur la Parole de Dieu » … Ainsi nous est rappelée l’importance de la Parole de Dieu dans notre Livre de Vie et les Actes Capitulaires (L.V. N° 46 ; A.C. 2001 p.17 A.C. 2007 p. 19 et 20). « Marie vit dans la Parole de Dieu ; à travers toute son existence, elle vit au sein de la Parole et elle est comme pénétrée de la Parole. Ainsi, toute sa pensée, sa volonté, son action sont pénétrées et façonnées par la Parole. En demeurant elle-même dans la Parole, elle peut devenir la ‘Demeure’ nouvelle de la Parole dans le monde » (Benoît XVI, Discours 11.5.2006). Dans son Magnificat, Marie rappelle que c’est en Dieu que se trouve la source de sa jubilation. Elle exprime ainsi le programme de sa vie : ne pas se mettre au centre mais faire place à Dieu, rencontré tant dans la prière que dans le service du prochain. C’est avec le regard de Dieu qu’elle voit les dures réalités de la vie. Elle parle et pense au moyen de la Parole de Dieu : il y a les pauvres, les affamés, les riches, les humbles, les orgueilleux. Marie, à la lumière de la Parole de Dieu, est capable de voir les personnes et les situations telles que Dieu les voit. La Parole de Dieu devient la sienne et sa parole naît de celle de Dieu, de même que sa volonté consiste à vouloir ce que Dieu veut. « Comme Marie, avec humilité et joie, laissons-nous emporter dans le dynamisme transformant de l’Esprit, soyons dociles à l’action de l’Esprit, pour être à l’écoute des défis et des besoins de notre monde d’aujourd’hui, dans ses dimensions religieuses, ecclésiales, sociales, économiques, politiques, pour inventer des réponses à notre niveau». (A.C. 2007, p 17) De tout coeur je vous redis ma profonde et fraternelle affection. Rome le 8 Septembre 2008

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Noël 2008

Bien chères Sœurs, A l’approche de la fin de l’année, comme saint Paul le fait au début de ses lettres, « je remercie mon Dieu par Jésus Christ à votre sujet à toutes…» (Rom 1,8). Il fait bon nous retrouver ensemble afin de présenter au Seigneur comme une symphonie de joie, d’espérance et d’amour, notre action de grâce pour tous les dons reçus. L’ouverture de l’année Saint Paul, aussi bien à Rome que dans nos pays respectifs, les Reprises spirituelles, les célébrations festives préparées avec ferveur, sont autant de signes de notre marche ensemble sur la terre de la Parole de Dieu. Pourquoi tant insister sur le rôle de la Parole de Dieu? Nous trouvons la réponse dans la lettre aux Hébreux : « Vivante est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants. Elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles » (He 4, 12). Pour Paul, annoncer la Parole c’est proclamer le mystère pascal du Christ, mort sur la Croix et Ressuscité. Il en est tellement pénétré, qu’il en fera le centre de sa prédication. Les nombreux messages reçus au cours de l’année et celui que nous ont adressé les Evêques durant le Synode, mettent l’accent sur l’importance de la Parole de Dieu, sur l’urgence par l’Eglise de l’interpréter. Pour nous est indiquée la nécessité d’approfondir notre réflexion sur la place de la Parole de Dieu dans notre vie de consacrées et dans la mission qui nous est confiée dans l’Eglise. Dieu est Celui qui se révèle et dialogue. La création, la beauté du monde qui provoque notre admiration est déjà une première « Parole de Dieu ». Quand Dieu parle, il le fait toujours à travers un être créé. Cette révélation première s’inscrit dans notre cœur, dans notre conscience. Dieu nous parle en prenant toujours l’initiative de la rencontre …«Le Seigneur Dieu appela l’homme: Où es-tu ? Dieu a parlé à Abraham : « quitte ton pays…(Gen, 3, 9 ; 12, 1) Dieu conversait avec Moïse face à face « comme un homme converse avec un ami »(Ex 33, 11). Dieu a parlé par les prophètes. Puis Dieu a envoyé son Fils : « Après avoir à maintes reprises et sous maintes formes, parlé aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles ».(He 1, 1-2) Par son Incarnation, le Verbe de Dieu, Sa Parole faite chair, nous introduit dans le mystère du salut que nous célébrons à Noël. En se faisant homme, le Fils de Dieu réalise en sa personne l’Alliance nouvelle et définitive avec son peuple. Désormais, entre Dieu et les hommes, il n’est qu’un médiateur, le Christ, homme Dieu, grand prêtre de la Nouvelle alliance. Ainsi, Jésus-Christ est la Parole de Dieu incarnée, la plénitude de la Révélation. Il vient manifester à tous les hommes l’amour d’un Dieu Père, un Dieu qui aime, qui a des entrailles maternelles : « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas ». (Is 49,15) A sa démarche d’amour, Dieu attend de nous une réponse libre,volontaire, une réponse de foi qui se manifeste dans une écoute attentive de la Parole de Dieu, une recherche constante de sa volonté. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé ». (Jn 4,34) L’obéissance filiale de Jésus à son Père est une obéissance vécue dans l’Amour infini du Père, fervente et libre. « L’obéissance s’enracine dans la Foi…L’obéissance libre et volontaire, animée d’Espérance et motivée par l’Amour, configure au Christ Serviteur : toute la vie du Christ est une communion au dessein du Père, dans l’Esprit, pour le salut du monde ».(L.V. N° 28) Par nos seules forces nous sommes incapables de réaliser le projet de Dieu sur nous, mais nous pouvons compter sur l’exemple du Christ, le médiateur entre Dieu le Père et nous, celui qui nous guide. Il nous ouvre la voie du salut, nous invite à nous conformer à Lui, à le suivre sur un chemin d’humilité, d’acquiescement dans l’amour. La Parole de Dieu, est adhésion à sa volonté et passe par des intermédiaires humains qui la communiquent. C’est la tâche des Supérieures auxquelles est confiée le service de l’autorité, une tâche exigeante et difficile. Elle requiert une présence constante, capable d’animer et de proposer, de dialoguer et d’écouter, de décider en rappelant la raison d’être de la vie consacrée. « Les obédiences sont des temps forts de l’obéissance à vivre dans la Foi ; à cette occasion, Supérieures et Sœurs communient à la volonté de Dieu ».(L.V. N° 30) Une obédience peut coûter à une Sœur, car les vues de la Supérieure ne sont pas forcément les siennes. L’obédience est d’abord un envoi en mission avec comme but « la venue du Règne de Dieu ».(L.V. N° 6) Dans la communauté des consacrées, Supérieures et Sœurs sont engagées de manière complémentaire pour atteindre un seul objectif, la volonté de Dieu. Chaque Sœur a donc le devoir de collaborer à la vie de la Congrégation en faisant part à ses Supérieures de ce qu’elle perçoit, d’où l’importance du dialogue. « C’est Dieu qui crée la communauté…Nous aurons à cœur de libérer la parole sur tous les sujets, nous offrir une écoute mutuelle, dialoguer davantage dans le respect, la vérité et la discrétion » (A.C. 2007. p.23) (Construire des communautés authentiques). L’obéissance à l’Eglise et au Saint Père, doit susciter de notre part, une volonté constante de nous informer des directives qui nous sont données et de les appliquer. L’obéissance nous conduit jusqu’à la Croix ; à sa suite, le Christ nous invite à prendre le chemin de l’obéissance d’amour infini du Père : « Il faut que le monde reconnaisse que j’aime le Père et que je fais comme le Père me l’a commandé ».(Jn 14,31) La Parole de Dieu est nourriture qui nous est offerte chaque jour par la prière personnelle et communautaire. Le Christ frappe à la porte de notre cœur et attend que nous lui ouvrions par notre écoute des Ecritures, notre attention aimante dans la prière et notre réponse dans le service de la charité. A travers les phrases des Psaumes de l’Office, nous sommes appelées à suivre le Christ selon le projet de Dieu dans nos vies. Cependant, «L’Ecriture a besoin de l’interprétation et elle a besoin de la communauté. La Parole de Dieu n’est jamais simplement présente dans la seule littéralité du texte. Pour l’atteindre il faut un dépassement et un processus de compréhension qui se laisse guider par le mouvement intérieur de l’ensemble des textes… » (Benoît XVI au collège des Bernardins : 12.09.08). L’Esprit Saint nous dispose à l’écoute de la Parole de Dieu, met en nous le goût de cette Parole et nous dispose à en vivre. « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ». (2 Co 3, 17) Dieu nous parle dans la liturgie, particulièrement dans l’Eucharistie. Nos liturgies doivent être des lieux d’adoration. Nous sommes invitées à les préparer pour y rencontrer personnellement le Dieu trois fois saint, par la lecture et la méditation des textes, le silence et la disponibilité du cœur. Le Chapelet est la réponse à la Parole qui naît du silence du cœur, une école de contemplation et de silence. La répétition cadencée de l’Ave Maria ne dérange pas le silence intérieur, mais au contraire le requiert et le demande. En récitant les « Ave Maria », il faut faire attention à ce que nos voix ne couvrent pas celle de Dieu qui parle toujours à travers le silence, comme « le bruit d’une brise légère ». (1 R 19, 12) (Benoît XVI au sanctuaire de la Vierge du Rosaire à Pompéi (19.10.08). La Parole de Dieu est source vivifiante pour notre Congrégation. Nos fondateurs et fondatrices ont puisé en elle le dynamisme du charisme de charité qu’ils nous ont légué et que nous devons transmettre à notre tour. Il nous est bon de relire ces belles pages de nos origines qui mentionnent les dispositions spirituelles requises pour écouter la Parole de Dieu : « Les lectures de piété ont été pour plusieurs saints la source de leur conversion… Elles (les Sœurs) redoubleront leur respect et leur dévouement lorsqu’il s’agira du Nouveau Testament dont elles écouteront à genoux au moins un chapitre ». (p. 35, 38) (Instructions pour bien faire ses actions). La Parole de Dieu nous invite au service d’autrui. Elle se concrétise en gestes d’amour envers nos frères et sœurs comme nous l’enseigne le Christ : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit… Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».(Mt 22, 37 ; 39) Marie est celle qui a su accueillir la Parole de Dieu ; elle a offert son corps et son âme comme demeure de Dieu ; à travers elle la Parole s’est faite chair. Supplions-la de nous soutenir dans la réponse hésitante de nos « oui » quotidiens, afin que nous sachions faire une place à la Parole de Dieu. Qu’en nous et à travers nous, cette Parole puisse, aujourd’hui encore, se faire chair C’est mon souhait pour chacune d’entre vous, chères Sœurs. Que par l’intermédiaire de Notre Dame de l’Avent, Jésus, Parole de vie, vienne nous renouveler ! Les Sœurs Assistantes, la Secrétaire et l’Econome s’unissent à moi pour vous remercier de vos bons vœux à l’occasion des fêtes de Noël et vous offrir leur souhait de Bonne Année 2009 ! Nous redisons à chacune notre profonde affection et l’assurance de notre prière.